Le traitement du nucléaire dans le manga

Chapô

La peur liée au nucléaire n’a de cesse d’occuper les esprits depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le peuple japonais en sait quelque chose, l’archipel ayant été frappé par deux catastrophes nucléaires : les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki en août 1945 et l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011. Des mangakas nippons ont fait œuvre de ces drames, comme pour exorciser l’horreur et entamer une reconstruction. Les quelques exemples présentés ici traduisent la relation particulière des Japonais au nucléaire.

Gen d'Hiroshima - Planche
Texte

Gen d’Hiroshima de Keiji NAKAZAWA, série en dix tomes traduits du japonais par Vincent Zouzoulkovsky (1983, Vertige Graphic)

Le récit, largement autobiographique, retrace le parcours du jeune Gen, habitant d’Hiroshima à l’aube du bombardement atomique du 6 août 1945. Le récit s’inspire de la propre histoire de l'auteur, survivant du bombardement qui a emporté la quasi-totalité de sa famille. Cette ode à la vie est à mettre dans toutes les mains.

Le Pays des cerisiers de Fumiyo KONO, traduit par Thibaud Desbief (2006, Kana)

Minami Hirano est une rescapée. En 1955, elle vit toujours à Hiroshima. Au fil des pages qui narrent le récit de sa vie quotidienne, on découvre les répercussions du bombardement sur les habitants d’Hiroshima. À la défiance qu’ils suscitent, s’ajoutent les injures et les agressions tant ils sont considérés comme des parias, irradiés pour toujours…

Daisy - Lycéennes à Fukushima de Reiko MOMOCHI, série en deux tomes, traduction, adaptation et lettrage par Ryoko Sekiguchi, Nathalie Bougon et Florent Faguet (2014, Akata)

Fumi a été traumatisée par la catastrophe qui a touché la centrale de Fukushima. Elle vit dans la peur d’être contaminée par les radiations nucléaires. Mais elle n’a d’autre choix que de se rendre au lycée pour passer ses examens. Aidée de ses trois meilleures amies, la lycéenne reprend peu à peu goût à la vie, jusqu’à ce que la réalité la rattrape…

Au cœur de Fukushima, journal d’un travailleur de la centrale nucléaire de Kazuto TATSUTA, série en trois tomes traduits du japonais par Frédéric Malet (2016, Kana)

Ichi-efu est le surnom du complexe atomique de Fukushima. En 2012, un an après la terrible catastrophe qui a bouleversé le pays, un mangaka, engagé sous pseudonyme, se fait embaucher dans l’équipe de nettoyage de la centrale, en tant que travailleur-déblayeur. Il plonge alors le lecteur dans son quotidien et celui de ses collègues, rythmé par les contrôles d’exposition aux radiations nucléaires. Le manga relate les six mois qu’il y a passé.

À lire aussi : Je reviendrai vous voir de George Morikawa (2014, Akata), Dans un recoin de ce monde de  Fumiyo Kouno (2013, Kana), Japon 1 an après - 8 regards sur le drame de TAKADA Katsura (2012, Kaze Manga), Colère nucléaire de IMASHIRO Takashi (2015, Akata), Zéro pour l’éternité de Souichi Sumoto (2013, Delcourt).