Le sujet de l’éco-anxiété dans la littérature

Chapô

Le dernier rapport du GIEC dresse un bilan alarmant de l’état de la Terre. L’avenir compromis de notre planète et le fait que tirer la sonnette d’alarme semble ne pas suffire à changer les choses en profondeur provoque chez certains un stress qui porte un nom : l’éco-anxiété, terme théorisé en 1997 par la chercheuse en santé publique Véronique Lapaige. Cette dernière se traduit par un sentiment d’angoisse provoqué par les menaces qui pèsent sur l’environnement, liées, en particulier, au dérèglement climatique. Canicules, inondations et sécheresses sont en effet désormais notre lot à tous. Dans la littérature, cette peur contemporaine est mise en mots dans bon nombre de dystopies écologiques dont voici cinq exemples.

Texte

Abysses de Frank Schätzing (2008, Presses de la Cité - traduit de l’allemand par Danièle Darneau)

Quand des scientifiques norvégiens découvrent qu’une nouvelle espèce de vers marins s'attaque au talus continental, des mammifères marins semblent, dans le même temps, se rebeller en adoptant des attitudes agressives… Alors que la destruction du talus norvégien provoque un glissement de terrain qui engendre un tsunami déferlant sur les côtes de toute l’Europe, tout ne fait en réalité que commencer...

 

Juste après la vague de Sandrine Collette (2018, Denoël)

L’effondrement d’un volcan dans l’océan a provoqué une vague titanesque, et le monde alentour semble avoir été englouti. La maison de Louie, construite sur un sommet, est toujours debout mais le temps est compté… Rapidement, les vivres viennent à manquer et les secours n’arrivent pas. Louie, ses parents et ses huit frères et sœurs n’ont d’autre choix que de se sauver eux-mêmes. Mais sur leur barque, il n’y a pas de place pour tous. Il va falloir choisir entre les enfants…

 

Impact d’Oliver Norek (2020, Michel Lafon)

Olivier Norek s’attaque au sujet sensible de l’éco-terrorisme : un homme kidnappe les personnes qu’il juge responsables de la pollution et du dérèglement climatique. Les notions de culpabilité et de responsabilité sont au cœur de ce récit. Qui sont les bourreaux, qui sont les victimes ? La violence peut-elle être justifiée ? De quel côté se place la terreur ?

 

Le Dernier Chant de Sonja Delzongle (2021, Denoël)

La planète semble se vider de tous ses animaux. Les espèces meurent les unes après les autres d’une maladie inconnue. Face à cette hécatombe, la virologue Shan se rend aux quatre coins du monde pour tenter de percer ce mystère. Au chevet de gorilles, de cétacés et d’oiseaux, elle remarque chez tous un état dépressif précédant une lente agonie…

 

42 Degrés de Wolf Harlander (2022, éditions Hervé Chopin - traduit de l’allemand par Joël Falcoz et Catherine Weinzorn)

Ce thriller écologique nous plonge dans un réalisme déroutant. Alors que les écologistes Elsa et Julius tentent d’alerter l’opinion publique sur les catastrophes climatiques à venir en raison de la sècheresse qui sévit, personne ne semble s’en émouvoir. Tout change pourtant le jour où une pénurie d’eau sème le chaos, engendrant du même coup des « réfugiés de l’eau ». S’en suit une lutte sans merci opposant la population et les écologistes aux puissants de ce monde.

 

À lire aussi : Une histoire des abeilles de Maja Lunde (2017, Presses de la Cité), Le Parfum d’Adam de Jean-Christophe Rufin (2007, Flammarion), Hors gel d’Emmanuelle Salasc (2021, P.O.L), Le Botaniste de Jean-Luc Bizien (2022, Fayard), Freshkills. Recycler la terre de Lucie Taïeb (2020, La Contre Allée), Ce qui gît dans ses entrailles de Jennifer Haigh (2022, Gallmeister, traduit par Janique Jouin de Laurens) ainsi que le dernier rapport du GIEC.